13 Août 2010 - Haut dirigeant suspendu

sq_LouisRaicheL’inspecteur-chef Louis Raiche (à droite, avec les verres fumés), posant avec l’homme d’affaires Robert Vanier lors d’un tournoi de golf dont ce dernier, alors président d’Onco Petroleum, était le président d’honneur, à Rimouski, en septembre 2006.


QUÉBEC - Un haut gradé de la Sûreté du Québec, qui était jusqu'à récemment à la tête du programme de protection des délateurs, est suspendu de ses fonctions à la suite d'une enquête sur ses liens avec l'homme d'affaires Robert Vanier, une ancienne taupe de la police.

L'inspecteur-chef Louis Raiche, l'un des adjoints du grand patron des enquêtes criminelles à la SQ, n'a pas repris le collier depuis que Le Journal de Québec a révélé, le 12 mars dernier, que les policiers des affaires internes (aussi appelées «normes professionnelles») venaient d'ouvrir une enquête pour faire la lumière sur ses relations avec Vanier, sur lequel pèsent des allégations de fraudes de plusieurs millions de dollars.

Conséquence de cette enquête, l'inspecteur-chef Raiche est suspendu avec solde depuis le 20 avril dernier, après avoir été en congé maladie pendant plus d'un mois.

L'enquête des affaires internes est complétée depuis plusieurs semaines, mais pour l'instant, la SQ préfère ne pas divulguer les résultats.

«Le dossier est en cours de procédures», a simplement mentionné la capitaine Ginette Séguin, lorsqu’interrogée à savoir si l'officier devra ultérieurement se défendre ou non d'infractions en matière disciplinaire.

Recrutement d'actionnaires

La SQ avait décidé d'enquêter au sujet de son haut gradé, après avoir appris que Louis Raiche a été vu à quelques reprises aux côtés de l'homme d'affaires Robert Vanier, dans des assemblées d'investisseurs de la compagnie Onco Petroleum. Le policier a notamment participé à des activités de recrutement d'actionnaires tenues au Québec et en Ontario, dont un tournoi de golf à Rimouski en septembre 2006.

Des sources ont mentionné que Vanier se disait «bien branché» dans la police et il ne se gênait pas pour présenter Louis Raiche à des actionnaires potentiels comme étant un officier très influent à la SQ. Des documents financiers en date de janvier 2007 montrent que Louis Raiche détenait alors plus de 100 000 actions d'Onco Petroleum.

À cette époque, Louis Raiche était à la tête de la direction des services de soutien aux enquêtes de la SQ. En clair, l'ex-chef de la police de Drummondville pilotait notamment le programme de protection des témoins (incluant les délateurs) et supervisait les aspects filature et écoute électronique des grandes enquêtes. Il occupait également cette fonction durant l'opération SharQc, qui a permis le démantèlement des Hells Angels au Québec en 2009. 70 condamnations

Or, Robert Vanier a bénéficié du programme de protection des témoins de la SQ, en 1999, après avoir décidé de collaborer avec la police et d'incriminer plusieurs acteurs du milieu des motards criminalisés. À ce moment, il s'appelait Carl Gagnon et son casier judiciaire recelait plus de 70 condamnations en matière criminelle.

Fort d'une nouvelle identité, Robert Vanier s'est ensuite établi à London, en Ontario, et a démarré Onco Petroleum en 2002. L'entreprise est maintenant en faillite technique, les quelque 30 millions $ investis par plus de 1200 actionnaires (dont environ 400 de la région de Rimouski) s'étant volatilisés.

Source: http://fr.canoe.ca/infos/quebeccanada/archives/2010/08/20100813-040008.html


Vanier radié pour 13 ans

QUÉBEC - Robert Vanier vient d'être radié pour une période de 13 ans de tout poste d'administrateur d'une entreprise publique par la Commission des valeurs mobilières de l'Ontario.

En principe, l'homme d'affaires de 54 ans devait passer la semaine sur le grill, alors que la Commission (l'équivalent ontarien de l'Autorité des marchés financiers au Québec) devait tenir quatre jours d'audiences visant à déterrer son passé de criminel au Québec et à démontrer comment il a enfreint à plusieurs reprises les lois ontariennes régissant les marchés financiers.

Vanier a cependant décidé de ne pas contester ces allégations et a obtenu un règlement à l'amiable, lundi, au terme d'une audience qui s'est tenue à huis clos. Il s'est vu imposer une amende de 10 000 $ et une interdiction d'agir comme administrateur ou promoteur d'une compagnie publique pour les 13 prochaines années.

Casier caché

La Commission reprochait notamment à Vanier d'avoir contourné les lois au moment d'inscrire Onco Petroleum (une entreprise d'exploitation de gisements de pétrole et de gaz naturel) sur le marché boursier, à l'été 2007, en cachant son casier judiciaire qui compte «au moins 70 condamnations en vertu du Code criminel canadien», selon la sommation émise. Des antécédents judiciaires (pour fraude, contrefaçon, vol, recel, supposition de personne, entre autres) dont il a hérités au Québec, entre 1983 et 2000, à l'époque où il s'appelait Carl Gagnon.

La CVMO l'accusait d'ailleurs d'avoir menti en lui cachant son ancienne identité. Sur le formulaire qu'il a dû remplir en tant que promoteur d'Onco, il devait non seulement attester qu'il n'avait pas de casier judiciaire, mais aussi qu'il n'avait jamais été connu sous un autre nom dans le passé.

Robert Vanier est présentement en attente de procès, face à une accusation de menaces de mort proférées à l'endroit d'un conseiller financier ontarien de 76 ans. Sa luxueuse propriété de London a aussi été saisie par une institution financière, le mois dernier, résultat du désastre financier d'Onco Petroleum.

Source: http://www.canoe.com/archives/infos/quebeccanada/2010/08/20100813-040022.html